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vendredi, 05 janvier 2018 17:07

Qui est l’abeille à miel ?

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Commençons par classifier l'abeille à miel

Les abeilles appartiennent à l’espèce Apis mellifera.

Ce sont des insectes comme les papillons, les scarabées, les mouches, … appartenant à l’ordre des Hyménoptères, ce qui veut dire « aile membraneuse » en grec. Parmi les Hyménoptères les plus connus on trouve les fourmis, les guêpes, les frelons, les bourdons... mais il existe de nombreuses espèces d’abeilles dites solitaires comme les collètes, les osmies, les mégachiles, …

 

Origine de l'abeille à miel et structuration naturelle

L’aire de répartition naturelle de notre abeille à miel se cantonne à l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Par exemple, la structuration européenne des populations d’abeilles que nous observons est une conséquence directe des glaciations du Pléistocène. En effet, il y a encore dix mille ans, la calotte glaciaire recouvrait la majeure partie de l’Europe. Il ne restait pour la faune et la flore que les refuges glaciaires que sont les péninsules ibérique, italienne, grecque et turque. Ces zones refuges sont isolées les unes des autres par de vastes étendues recouvertes de glace, hostiles aux plantes à fleurs et à leurs pollinisateurs. Un peu comme des îles séparées par des océans de glace.

Chaque population animale ou végétale, isolée dans une région, a évolué séparément des autres populations de la même espèce. Des mutations se sont accumulées et nous arrivons à les différencier par l’observation. Par exemple, les abeilles de l’ouest sont plus résistantes au vent grâce à la forme de leurs ailes qui est un peu différente, les abeilles du Caucase ont la langue plus longue, …

Par contre, lorsque le climat global s’est réchauffé, les plantes et les animaux sont remontés vers le nord et ont réinvesti les territoires septentrionaux devenus réutilisables.

Or sur une surface à réinvestir aussi vaste, les populations d’abeilles à miel sont structurées, c’est à dire qu’elles sont séparées par des barrières plus ou moins infranchissables :

  • Ce peut être tout simplement la distance :
    Une reine vierge émergeant d’une colonie nichée dans tronc d’arbre en Grèce a très peu de chance de se faire féconder dans une congrégation contenant des mâles issus de la France ou de la Lettonie.
  • Ce peut être une barrière physique:
    La mer Méditerranée, la Manche, mais aussi des montagnes comme les Alpes, les Carpates, les Pyrénées. Une population de plusieurs colonies sur une ile sera isolée .

on pourra donc contrôler les fécondations entre reines vierges et mâles présents. C’est le cas du conservatoire de l’abeille noire de l’ile d’Ouessant.

Le refuge d’où est issue une population et les barrières auxquelles elle s’est heurtée définissent les aires de répartitions des sous-espèces d’abeille à miel Apis mellifera que nous connaissons. Par exemple, la sous-espèce issue du refuge glaciaire italien et qui n’en est pas sortie car coincée par la barrière alpine, s’appelle Apis mellifera ligustica. La sous-espèce du refuge ibérique qui est remontée et a réinvesti l’Europe de l’Ouest est l’abeille noire ou Apis mellifera mellifera. Elle a évolué au nord des Pyrénées de façon différente de la sous-espèce du sud des Pyrénées (Apis mellifera iberiensis) qui a reçu des apports d’abeilles d’Afrique du Nord, de manière naturelle ou dû à l’homme.

 

Qu’en est-il aujourd’hui  de cette abeille à miel?

On trouve nos abeilles Apis mellifera partout sur la planète car elles ont été transportées par l’homme : les colons européens les ont amenées avec eux quand ils sont allés en Amérique ou en Australie, par exemple. Sur place, il existait déjà des pollinisateurs, souvent des abeilles coloniales ou solitaires, qui ont dû s’adapter à ces nouvelles locataires. Les êtres humains ont aussi amené des espèces végétales d’autres continents à polliniser.

En ce qui concerne l’Europe, et la France en particulier, nous avons de l’abeille noire (Apis mellifera mellifera) provenant de l’histoire évolutive de notre continent à travers les âges. Les apiculteurs travaillaient presqu’essentiellement et faisaient du miel avec ces abeilles jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale environ. Nous avons aussi un cocktail d’abeilles importées, plus facile à travailler pour l’apiculture professionnelle. Ces abeilles ont été sélectionnées depuis le début du XXème siècle par des sélectionneurs comme le frère Adam de l’abbaye de Buckfast (Angleterre). Elles sont dites « Buckfast », sont plus résistantes aux maladies, plus douces et plus faciles à gérer d’un point de vue apicole. Les hommes leur ont fait suivre les mêmes processus de domestication que bien d’autres animaux (sanglier/cochon ; loup/chien ; auroch/vache à lait ou à viande, …). Pour créer ces races domestiques, le frère Adam et les sélectionneurs suivants sont allés chercher des abeilles dans différentes aires de répartition. Par exemple, en sélectionnant des italiennes (Apis mellifera ligustica), des grecques (Apis mellifera cecropia) et des abeilles locales (Apis mellifera mellifera), ils ont créé des triples hybrides.

 

Quelle conclusion concernant l'abeille à miel ?

Nous avons autour de nous des abeilles sauvages avec un patrimoine génétique historique et naturel, et des abeilles sélectionnées par l’action de l’homme. Ces différentes sous-espèces et races sont interfécondes. Il est donc important pour nous de travailler avec des abeilles adaptées à l’apiculture dans les ruches sur les toits, mais aussi de conserver les sous-espèces naturelles d’abeilles et d’élever des reines noires Apis mellifera mellifera pour contribuer à préserver l’espèce.





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