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vendredi, 19 janvier 2018 14:48

Pourquoi ne récolte-t-on pas le miel des bourdons ?

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Les bourdons (35 espèces en France) sont pourtant des pollinisateurs de la même famille que les abeilles. Pour nourrir leurs petits, ils récoltent, comme les abeilles, du pollen et du nectar. Ils produisent eux aussi de la cire pour stocker les réserves et recevoir les œufs et les larves. Alors pourquoi ?

 

Différences entre bourdon et abeille : le début du printemps…

Les colonies d’abeilles Apis mellifera, présentes dans vos ruches sur les toits, sont pérennes, tandis que celles des bourdons Bombus sp. sont annuelles.

Sous nos latitudes, au tout début du printemps, la reine des abeilles va se remettre à pondre. Elle est entourée de ses ouvrières, ses filles stériles qu’elle a pondues l’automne dernier. Elles ont passé les mois d’hiver dans la ruche à maintenir la température autour de 25°C, pour que les réserves de miel soient utilisables. Ces ouvrières d’hiver arrivent en fin de vie et vont mourir sur les premières récoltes comme le saule. Dès que les œufs éclosent, les ouvrières augmentent la température du nid à 34°C. C’est une dépense énergétique considérable pour la colonie. Elles vont se nourrir tout l’hiver des réserves de miel qu’elles ont accumulées tout le printemps, l’été et l’automne. L’apport de ce nectar et pollen de saule provoque l’accroissement du rythme de ponte de la reine et marque le départ de la croissance exponentielle des colonies d’abeilles pour la saison.

C’est pour cette raison que lorsque nous récoltons le miel on ne prend pas tout !!! On leur en laisse suffisamment pour passer l’hiver : on veut les retrouver vaillantes au printemps prochain.

En revanche, la reine des bourdons a passé l’hiver seule, cachée dans un trou, sous un pot de fleur, sous un toit, quelque part à l’abri, pas trop chaud, en léthargie avec un métabolisme ralenti. Elle sort de sa torpeur au printemps, de mars à juin tout dépend de l’espèce de bourdon à laquelle on s’intéresse. Elle va sortir, voler même s’il fait froid, elle est plus résistante aux faibles températures que les abeilles, elle va explorer les bords de haies, de talus, les chemins, à la recherche d’un gite pour y établir son nid. Ce sera souvent un terrier abandonné par un rongeur. Elle va elle-même récolter du pollen et du nectar, elle va aussi produire de la cire et construire un petit pot garni de pollen et de nectar où elle va pondre ses premiers œufs. Elle construira un autre pot « réserve de nectar » puis les premiers œufs donneront naissance à de petites larves qui se métamorphoseront en ouvrières. Enfin les ouvrières prendront le relais de la reine sur la récolte de pollen et de nectar, celle-ci n’aura plus qu’à pondre.

 

La reproduction… des abeilles

Les abeilles vont passer par une phase de reproduction à la fin du printemps. La colonie s’est bien développée, dehors, les ressources alimentaires sont abondantes pour l’apiculture urbaine. La reine va pondre des individus sexués, les mâles d’abeille ou faux bourdons, tout au long de la saison de reproduction (d’avril à août). Elle ne pondra des femelles fertiles, les reines vierges que quelques jours avant son essaimage, c’est à dire au moment où la moitié de la colonie part avec la reine pour fonder une nouvelle colonie ailleurs. Dans la ruche située sur votre entreprise, on ne la laissera pas faire ! La vieille reine et ses ouvrières attendent sous forme d’essaim, sous une branche d’arbre par exemple, que des éclaireuses trouvent une nouvelle loge (une ruche vide, un tronc d’arbre, une cheminée, une grotte, derrière un volet…). Dès l’installation dans la nouvelle cavité, les ouvrières bâtissent des alvéoles en cire et se mettent à accumuler nectar et pollen pour constituer les fameuses réserves pour passer l’hiver. Dans la colonie restée sur place, les reines vierges vont émerger, se battre et celle qui sortira vainqueur fera un vol de fécondation au cours duquel elle s’accouplera avec 10 à 20 faux-bourdons. Elle rentrera à la ruche avec une spermathèque (l’organe de stockage du sperme chez la reine) pleine qui lui permettra de pondre toute sa vie des œufs fécondés.

La reine des bourdons, quant à elle, pondra en fin de saison, des individus sexués, les mâles de bourdon et les reines vierges. La période de ponte va dépendre de l’espèce de bourdon considérée. La colonie en place va péricliter : les ouvrières vont mourir, ne seront pas remplacées et enfin la reine aussi disparaîtra, il ne restera que les reines vierges et les mâles. Vers le mois de septembre par exemple, les reines vierges pondues par la reine d’une colonie vont se faire féconder par les mâles pondus par les reines des colonies autour, au cours d’un vol de fécondation. Les bourdons ne sont pas ou très peu polyandres. La reine ainsi fécondée entrera en léthargie et ne ressortira qu’au printemps.

 

Et pour le miel ?

C’est une question de stratégie ! Nous les hommes, nous utilisons les capacités des abeilles à amasser du miel pour passer l’hiver sur leurs réserves. Or les bourdons ne passent pas l’hiver au sein de leur colonie, puisque seule la reine fécondée passe l’hiver, il n’y a donc plus de réserves dans le nid en fin de saison. La colonie de bourdons n’amasse donc pas de miel de façon frénétique pour subsister à l’hiver, la quantité de miel récoltée par les bourdons est donc trop faible pour être exploitée par les hommes.

En conclusion, si nous pouvons procéder à l’installation d’une ruche d’abeilles dans votre entreprise, pour une colonie de bourdons, il faudra que nous revenions tous les ans...





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