Apiculture urbaine

Toute l'actualité sur nos séminaires et animations de ruches en entreprise

Sibyle Moulin

Sibyle Moulin

Sibyle docteur en biologie du Muséum national d'Histoire Naturelle est apicultrice depuis 10 ans. Elle a enseigné l'écologie à l'université de Versailles St Quentin en Yvelines.

Vos rédacteurs

Les rédacteurs des articles que vous lisez dans les « pourquoi » sont tous des apiculteurs-trices. Ils sont passionnés par leur métier. Ils ont envie de transmettre leurs connaissances. Aussi bien les connaissances techniques pointues apicoles que les connaissances sur l’écosystème qui nous entoure, les abeilles et nous.

 

La saisonnalité : haute période apicole

Au printemps, en été et en automne, vos apiculteurs sont le nez dans les ruches. Il y a toujours quelque chose à faire : apporter des hausses vides, prélever des cadres, chercher la reine, marquer la reine, contrôler la production de cellules royales…
Ne vous inquiétez pas ! Le métier d’apiculteur sera certainement détaillé dans les « pourquoi » de la reprise, après la saison apicole 2018.
Les journées ne faisant que 24h il faut attendre l’hiver pour revenir à une veille bibliographique assidue.

 

La saisonnalité : basse période apicole

Or l’hiver les apiculteurs ont le temps de rassembler des articles bibliographiques, de les lire, d’en faire des synthèses. Ils ont aussi le temps d’assister à des formations, de regarder des documentaires. Ils n’oublient, néanmoins, pas les abeilles ! Il faut surveiller la consommation de miel.

 

Printemps été 2018

Nous vous souhaitons une bonne saison apicole 2018, pleine de fleurs, d’abeilles et de miel !

Joyeuse saison apicole.


A septembre …

 

Cultiver des plantes en serre

Les tomates que nous trouvons toute l’année sur les étals des marchés et supermarchés sont cultivées sous serre, comme les poivrons, les concombres, les melons…

La serre permet d’obtenir un milieu tamponné : la température est toujours plus haute qu’à l’extérieur et il ne gèle à l’intérieur que si les températures extérieures sont extrêmement basses. Elle peut aussi être équipée d’un système de chauffage, d’éclairage et de gestion de l’hygrométrie. Elle offre également une protection contre les prédateurs comme les oiseaux qui ne peuvent pas y entrer. Mais de la même manière, les insectes qui pourraient participer à la pollinisation ne peuvent y pénétrer…

Alors comment sont pollinisées les tomates ?

Pour qu’une fleur soit fécondée, il faut qu’un grain de pollen (gamète mâle produit par les étamines) rentre en contact avec le pistil de la fleur (gamète femelle). Les fleurs de tomate peuvent s’autopolliniser. Le grain de pollen et le pistil sont sur la même fleur. Lorsque le grain de pollen provient d’une autre fleur (mais toujours de la même espèce), par exemple par le biais des insectes, on parle de fécondation croisée.

De façon naturelle, la « buzzing pollination » correspond parfaitement à la pollinisation des tomates. C’est la pollinisation par vibrations, émises par des bourdons qui vibrent littéralement quand ils sont posés sur une fleur. Pourtant, jusqu’en 1985, avant la domestication des bourdons, les tomates en serre étaient installées sur des bancs vibrants, mis à vibrer 3 fois par semaine. Le pollen tombait des étamines sur le pistil et les fleurs étaient ainsi fécondées.

 

La domestication des bourdons

Les chercheurs et agriculteurs s’étaient bien rendus compte que les bourdons jouaient un rôle important pour la pollinisation. Une campagne de collecte de fondatrices de bourdon pour les importer en Nouvelle-Zélande a même été organisée entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle afin de polliniser le trèfle rouge. Quatre espèces de bourdons européens sont maintenant résidents de Nouvelle-Zélande.

Pour domestiquer les bourdons, les chercheurs ont commencé à collecter des fondatrices pour les introduire dans des nids artificiels. Ils ont ensuite déplacé ces nids pour les rapprocher des cultures et les ont mis dans des serres. Au long du XXème siècle, ils ont amélioré les techniques d’élevage des bourdons en captivité. Ils ont appris à gérer la période d’hibernation de la femelle fondatrice et à la réveiller dans les meilleures conditions pour l’épanouissement de la future colonie. Des études ont été menées sur plusieurs espèces originaires d’Amérique du nord, d’Europe et d’Asie qui sont commercialisées dans ces territoires respectifs.

 

L’apport des bourdons

Même si l’achat de colonie de bourdon à un coût, il est moins élevé que l’électricité et la mécanique utilisé pour la vibration. De plus, la pollinisation des plantes par les bourdons est plus efficace. On ne commercialisait pas les tomates en grappe car il était très difficile de réussir à féconder toutes les fleurs de la grappe avec ces méthodes. Depuis l’utilisation des bourdons en 1987, le taux de réussite permet de proposer aux consommateurs de jolies grappes de tomates.

En conclusion

La domestication des bourdons nous permet d’avoir des tomates à loisir. On peut réveiller des fondatrices de bourdons au moment voulu en contrôlant la température, la luminosité et l’hygrométrie des serres dans lesquelles elles sont placées en sortant du réfrigérateur. On peut ainsi polliniser les plants de tomates toute l’année.

Par contre, on se rend bien compte que les tomates qui voyagent bien ne sont pas forcément celles qui sont les plus savoureuses. Les goûts et les couleurs ne se discutant pas…

Si vous ne pouvez pas accueillir de ruche sur le toit de votre entreprise mais que vous voulez quand même être en mesure d’observer des pollinisateurs : nous pouvons vous fournir une colonie de bourdons Bombus terrestris pour une saison.





Vous souhaitez développer l'abeille urbaine dans votre entreprise ?






Nous avons décidé de mettre en valeur le produit récolté et élaboré par vos abeilles : le miel. C’est un produit naturel, brut, local, doux, sucré. Il a tout pour lui alors il faut le faire savoir !

 

Pourquoi de nouvelles étiquettes pour les pots de miel ?

Nous nous sommes dotés de nouvelles étiquettes ! Il faut le dire, elles sont superbes !

Nous avons choisi de vous proposer un code barre pour que la mise en vente soit plus simple dans vos magasins. Cet élément fort utile, mais peu décoratif peut cependant être retiré si vous le souhaitez. 

 

Chaque entreprise peut les personnaliser !

Ces superbes étiquettes sont bien sûr personnalisables ! Le texte de la partie en haut à gauche « Des ruches sur les toits d’Ile de France », à coté de « Miel », c’est-à-dire « fleurs des villes et plantes sauvages » ainsi que le logo sont effaçables et remplaçables par ce que vous souhaitez y inscrire. Vous pouvez avoir votre logo en haut à droite et votre texte dans la partie de gauche.

 

Pourquoi les pots de mie de 100 ml ?

Avant nous vous proposions des pots de 106 ml dans lesquels nous mettions 125 g de miel. Aujourd’hui, nous avons aussi opté pour un format de pots plus petit : 100 ml, dans le but de vous laisser la possibilité de les transporter partout dans le monde en avion dans la cabine ! En effet, les pots précédents n’étaient pas compatibles avec les normes de sécurité en vigueur pour le transport en cabine d’avion. 

C’est vraiment dommage lorsque vous offrez un pot de miel aux membres de votre CA ou à vos clients et qu’ils repartent en avion les mains vides parce qu’ils se sont fait confisquer leur pot de miel …

Dans ces contenants de nouveau format nous allons pouvoir mettre 110 g de miel.

 

Les autres contenants

Vous avez toujours la possibilité de vous faire livrer votre production en seaux en plastique alimentaire de 20kg. Si vous souhaitez le reconditionner vous même ou si vous voulez l’utiliser en quantité dans votre cuisine, pour votre chef pâtissier par exemple. 

Dans le même esprit, nous pouvons conditionner une partie de votre récolte dans quelques pots de 1 kg, pour une utilisation dans votre cuisine pour le chef, pour une sauce, un dessert, un déglaçage… Demandez le lui ! Il ou Elle saura ! Le reste de votre récolte sera conditionné dans les pots que vous choisirez: 500 g, 250 g ou 110 g

 

Enfin un tout petit format : les pots de miel de 50 g

Nous allons nous équiper d’une machine capable de mettre en pot de toutes petites quantités de miel, nous serons capables de produire des pots de 50 g. Ces pots contiennent vraiment peu de miel et si vous souhaitez les utiliser, il faut que ce soit pour un usage particulier, comme un petit déjeuner. Sinon, vous risquez de décevoir les personnes auxquelles vous les offrez : un pot risque de produire un « goût de trop peu ».





Vous souhaitez offrir votre miel à vos clients et collaborateurs ?






Être à l’hôpital n’est jamais plaisant, mais c’est souvent un passage obligé vers la guérison. Nous pensons tous qu’aucun enfant ne devrait être malade. La maladie et l’enfance ne devraient jamais être associées. Pourtant parfois, on n’a pas le choix…
En tant que simple être humain, on se sent démuni face à la maladie et à l’impossibilité de la combattre. Heureusement les familles, le personnel médical, les associations se mobilisent pour rendre ces instants un peu moins difficiles…

Beeopic souhaitait ajouter sa pierre à l’édifice en élaborant un partenariat avec l’hôpital Necker – Enfants malades. Nous allons donc installer trois ruches dans l’enceinte de l’hôpital.

 

Mais pourquoi des ruches  pour l'hôpital Necker ?

Une ruche, c’est une colonie d’abeilles ! Elles vivent une vie courte mais intense, elles travaillent, elles participent aussi au grand cycle de la vie des plantes grâce à la pollinisation. Elles influencent notre santé : notre mode de nutrition dépend de la production de fruits et de légumes. Elles sont donc très importantes pour la planète. Les enfants malades pourront voir évoluer les abeilles au quotidien.

Les abeilles produisent du miel. Les enfants peuvent être sensibles à sa douceur. Le mot même de « douceur » associé à l’enfance sonne bien aux oreilles. On peut parler d’entraide : le nectar est un cadeau des plantes pour attirer les pollinisateurs. Les abeilles qui se nourrissent de miel fécondent leurs fleurs. Les abeilles sont altruistes, soyons-le aussi !

 

Une ruche, c’est aussi bénéficier de deux animations

durant lesquelles tous les thèmes apicoles seront abordés de façons didactique et ludique. Voulez-vous goûter du miel ? Savoir pourquoi il est liquide ou solide ? Faire des bougies ? A ce propos, comment fait-on de la cire ? Faire la différence entre une guêpe et une abeille ? Devenir un apiculteur en suivant un parcours avec des panneaux, des vignettes, du matériel apicole, un carnet de l’apiculteur à remplir ? Suivre le développement d’une colonie d’abeilles tout au long de l’année ? Etc. Nous avons déjà plusieurs types d’animations, de jeux qui fonctionnent et nous serions ravis d’en développer d’autres !
Vous pouvez donner un peu de votre temps, en nous accompagnant et en participant à nos animations.
 
De plus, les thématiques abordées dans le cadre des animations sont autant de points qui entrent dans les programmes éducatifs. Ceci permet aux enfants un retour à la vie scolaire normale plus facile, parce que, sans s’en rendre compte, ils ont appris des notions de biologie, sur le développement des insectes, sur le cycle des saisons, sur la pollinisation, sur la reproduction des plantes et des insectes, sur l’alimentation, sur la prédation, sur la chaîne alimentaire, etc.

Voilà ce qu’une ruche sur le toit peut apporter. On ne pourra jamais lutter contre la souffrance, le sentiment d’injustice, d’impuissance, mais on peut toujours faire rêver, rendre la vie plus douce et connectée au monde extérieur.

Ensemble, nous pouvons rendre le séjour hospitalier des enfants malades le plus agréable possible. Nous sommes acteurs ! Ensemble, nous pouvons faire rêver les enfants et leurs soignants.





Vous souhaitez sponsoriser une ruche pour les enfants ?






vendredi, 02 février 2018 09:43

Comment Beeopic produit vos abeilles noires ?

Un partenariat de longue date avec le CANIF : Conservatoire de l’Abeille Noire d’Ile de France…

Le Conservatoire de l’Abeille Noire d’Ile de France gère une population d’abeilles noires répartie sur une dizaine de ruchers. Ces colonies d’abeilles noires sont analysées, mesurées, suivies et pesées par les intervenants du CANIF. Ceux-ci sont donc en mesure d’identifier les colonies douces, tous les ans, qui soient aussi productives et peu consommatrices de candi l’hiver.

Toutes les colonies d’abeilles noires sont également analysées génétiquement (sur l’ADN mitochondrial), mais aussi sur des marqueurs microsatellites utilisés pour caractériser leur ADN moléculaire). Les colonies du conservatoire sont donc génétiquement identifiées. On sait qu’elles sont noires à 85% minimum.

Depuis 10 ans, Beeopic travaille en collaboration avec le Conservatoire qui fournit chaque année deux nouvelles souches d’abeilles noires, validées génétiquement, et sélectionnées sur leur douceur et leur productivité.

 

Sélection douce : la rusticité pas la couleur…

Le but de cette production Beeopic est d’obtenir des reines noires rustiques.

Mais qu’est-ce que la rusticité ?

C’est l’aptitude d’un animal à supporter des conditions de vie difficiles.

Alors pourquoi sélectionner sur la rusticité ?

Pour obtenir des colonies autonomes. C’est-à-dire :

  • Qui se développent sans excès pour limiter le développement varroa,
  • Qui aient plus de chances de survivre, même si on a oublié une année un traitement contre varroa,
  • Qui gèrent leurs réserves en hiver, même si on ne les nourrit pas souvent,
  • Qui produisent du miel en quantité suffisante pour subvenir à leurs besoins toute l’année.

Les colonies ne sont donc pas sélectionnées sur la couleur et les reines que nous obtiendrons par greffage, ne seront donc pas forcément complétement noires mais seulement foncées. Si vous souhaitez avoir des reines noires vraiment noires : adoptez un xylocope !

Par contre, dans la ruche de votre entreprise, on préférera des abeilles sélectionnées pour leur douceur et leur productivité plutôt que des abeilles avec un comportement plus sauvage comme les colonies sélectionnées pour leur rusticité.

 

Notre protocole apicole…

Les 2 colonies souches identifiées au conservatoire vont être mises à disposition de Beeopic et déplacées à Buc. Ensuite, suivant un calendrier spécifique (1 à 2 fois par semaine), on va y prélever des larves pour le greffage. Ces petites larves de femelle sont issues d’œufs pondus par la reine 1 ou la reine 2. En pratique, on choisit des larves au jour 4 (soit des larves de moins de 3 jours).

Ces petites larves repiquées sont déposées dans des cupules en plastique fixées sur des barrettes, puis montées sur des cadres. Ces cadres sont ensuite insérés dans des ruches éleveuses.Ce sont des colonies qui n’ont pas de reine, composées en grande majorité de nourrices. Les ouvrières de ces éleveuses peuvent être de n’importe quelle race ou sous-espèce puisqu’elles ne transmettent aucune génétique aux larves d’abeilles noires. Ces ouvrières, orphelines, vont vouloir élever une reine, quelle que soit son origine. Elles vont transmettre aux larves de la gelée royale et de la chaleur jusqu’à leur métamorphose en reine vierge noire.

On va ensuite insérer les cellules royales de 10 jours dans des nuclei ou petites ruches de fécondation peuplée de jeunes abeilles (quelle que soit leur race ou sous-espèces). L’émergence des reines intervient une douzaine de jours après le greffage. Les reines sont fécondées par les faux bourdons (entre 10 et 20) de la congrégation de mâles du conservatoire.

Au cours du mois suivant, Beeopic effectuera un contrôle qualité sur ces jeunes reines fécondées. Elles seront suivies et on ne conservera que celles répondant aux critères évoqués ci-dessus.

(Pour en savoir plus : « L’élevage des reines » de Gilles Fert, Rustica éditions).

 

Différence entre reines d'abeilles F0 et F1…

Si les nuclei sont transportés au conservatoire afin que les reines noires soient fécondées par des mâles à 85% noirs issus de la congrégation de mâle du conservatoire, il s’agira de reines F0 : la colonie fille sera noire à 85% au moins.

Si ces reines sont fécondées à Buc, il s’agira de reines de type F1 qui donneront des colonies fille dont la mère est noire à 85 % et dont les faux-bourdons l’ayant fécondée sont inconnus génétiquement. On aura donc une colonie noire à 42,5% minimum.

Il faut savoir que lorsque que l’on achète une reine « Frère Adam », c’est toujours une F1 ; c’est-à-dire que l’éleveur a acheté une reine sélectionnée Frère Adam chez un sélectionneur et qu’à partir de cette colonie, il a produit des reine vierges fécondées sur place avec des mâles locaux (grecs, maltais, italiens, etc.), il s’agit donc toujours de reine Frère Adam à 50% minimum…





Quelle race d'abeille dans vos ruches sur les toits des entreprises ?






Les bourdons (35 espèces en France) sont pourtant des pollinisateurs de la même famille que les abeilles. Pour nourrir leurs petits, ils récoltent, comme les abeilles, du pollen et du nectar. Ils produisent eux aussi de la cire pour stocker les réserves et recevoir les œufs et les larves. Alors pourquoi ?

 

Différences entre bourdon et abeille : le début du printemps…

Les colonies d’abeilles Apis mellifera, présentes dans vos ruches sur les toits, sont pérennes, tandis que celles des bourdons Bombus sp. sont annuelles.

Sous nos latitudes, au tout début du printemps, la reine des abeilles va se remettre à pondre. Elle est entourée de ses ouvrières, ses filles stériles qu’elle a pondues l’automne dernier. Elles ont passé les mois d’hiver dans la ruche à maintenir la température autour de 25°C, pour que les réserves de miel soient utilisables. Ces ouvrières d’hiver arrivent en fin de vie et vont mourir sur les premières récoltes comme le saule. Dès que les œufs éclosent, les ouvrières augmentent la température du nid à 34°C. C’est une dépense énergétique considérable pour la colonie. Elles vont se nourrir tout l’hiver des réserves de miel qu’elles ont accumulées tout le printemps, l’été et l’automne. L’apport de ce nectar et pollen de saule provoque l’accroissement du rythme de ponte de la reine et marque le départ de la croissance exponentielle des colonies d’abeilles pour la saison.

C’est pour cette raison que lorsque nous récoltons le miel on ne prend pas tout !!! On leur en laisse suffisamment pour passer l’hiver : on veut les retrouver vaillantes au printemps prochain.

En revanche, la reine des bourdons a passé l’hiver seule, cachée dans un trou, sous un pot de fleur, sous un toit, quelque part à l’abri, pas trop chaud, en léthargie avec un métabolisme ralenti. Elle sort de sa torpeur au printemps, de mars à juin tout dépend de l’espèce de bourdon à laquelle on s’intéresse. Elle va sortir, voler même s’il fait froid, elle est plus résistante aux faibles températures que les abeilles, elle va explorer les bords de haies, de talus, les chemins, à la recherche d’un gite pour y établir son nid. Ce sera souvent un terrier abandonné par un rongeur. Elle va elle-même récolter du pollen et du nectar, elle va aussi produire de la cire et construire un petit pot garni de pollen et de nectar où elle va pondre ses premiers œufs. Elle construira un autre pot « réserve de nectar » puis les premiers œufs donneront naissance à de petites larves qui se métamorphoseront en ouvrières. Enfin les ouvrières prendront le relais de la reine sur la récolte de pollen et de nectar, celle-ci n’aura plus qu’à pondre.

 

La reproduction… des abeilles

Les abeilles vont passer par une phase de reproduction à la fin du printemps. La colonie s’est bien développée, dehors, les ressources alimentaires sont abondantes pour l’apiculture urbaine. La reine va pondre des individus sexués, les mâles d’abeille ou faux bourdons, tout au long de la saison de reproduction (d’avril à août). Elle ne pondra des femelles fertiles, les reines vierges que quelques jours avant son essaimage, c’est à dire au moment où la moitié de la colonie part avec la reine pour fonder une nouvelle colonie ailleurs. Dans la ruche située sur votre entreprise, on ne la laissera pas faire ! La vieille reine et ses ouvrières attendent sous forme d’essaim, sous une branche d’arbre par exemple, que des éclaireuses trouvent une nouvelle loge (une ruche vide, un tronc d’arbre, une cheminée, une grotte, derrière un volet…). Dès l’installation dans la nouvelle cavité, les ouvrières bâtissent des alvéoles en cire et se mettent à accumuler nectar et pollen pour constituer les fameuses réserves pour passer l’hiver. Dans la colonie restée sur place, les reines vierges vont émerger, se battre et celle qui sortira vainqueur fera un vol de fécondation au cours duquel elle s’accouplera avec 10 à 20 faux-bourdons. Elle rentrera à la ruche avec une spermathèque (l’organe de stockage du sperme chez la reine) pleine qui lui permettra de pondre toute sa vie des œufs fécondés.

La reine des bourdons, quant à elle, pondra en fin de saison, des individus sexués, les mâles de bourdon et les reines vierges. La période de ponte va dépendre de l’espèce de bourdon considérée. La colonie en place va péricliter : les ouvrières vont mourir, ne seront pas remplacées et enfin la reine aussi disparaîtra, il ne restera que les reines vierges et les mâles. Vers le mois de septembre par exemple, les reines vierges pondues par la reine d’une colonie vont se faire féconder par les mâles pondus par les reines des colonies autour, au cours d’un vol de fécondation. Les bourdons ne sont pas ou très peu polyandres. La reine ainsi fécondée entrera en léthargie et ne ressortira qu’au printemps.

 

Et pour le miel ?

C’est une question de stratégie ! Nous les hommes, nous utilisons les capacités des abeilles à amasser du miel pour passer l’hiver sur leurs réserves. Or les bourdons ne passent pas l’hiver au sein de leur colonie, puisque seule la reine fécondée passe l’hiver, il n’y a donc plus de réserves dans le nid en fin de saison. La colonie de bourdons n’amasse donc pas de miel de façon frénétique pour subsister à l’hiver, la quantité de miel récoltée par les bourdons est donc trop faible pour être exploitée par les hommes.

En conclusion, si nous pouvons procéder à l’installation d’une ruche d’abeilles dans votre entreprise, pour une colonie de bourdons, il faudra que nous revenions tous les ans...





Vous souhaitez offrir du miel à vos collaborateurs grâce aux ruches en entreprise ?






vendredi, 12 janvier 2018 15:47

Pourquoi installer une ruche en terrasse ?

Témoignage : Notre ruche sur la terrasse, début janvier 2018…
... Ou les petits plaisirs de l’apiculture urbaine en hiver.

 

C’est juste une grosse boîte en bois, presque carrée, avec un toit plat métallique.
L’ouverture est orientée vers l’ouest, un peu nord ouest pour que nous puissions voir la planche d’envol de la porte-fenêtre du salon, située à exactement 3 mètres. Elle est posée sur un support métallique d’une vingtaine de centimètres pour l’isoler de l’humidité, sur la partie herbeuse qui prolonge la pierre de la terrasse. Et la tonte de cette herbe me direz-vous ? Eh bien, toute l’année dernière, les abeilles m’ont laissé la faire régulièrement, sans se soucier de moi, même quand je finissais le devant aux ciseaux pour mieux voir leurs atterrissages...

 

L’important bien sûr est de ne pas donner de grands coups de tondeuse dans la ruche ou de coups de coude sur la façade quand on manipule les ciseaux. Si j’avais été inquiète pour ma santé, j’aurais mis une combinaison

 

...Pour l’instant, il ne se passe pas grand chose autour de la ruche, je vois parfois une éclaireuse sortir ou rentrer, alors je m’intéresse aux autres habitants du jardin : les nombreux oiseaux que nous nourrissons en hiver. Les graines de tournesol et de niger (plantes mellifères), les cacahuètes et les boules de graisse sont couvertes de grappes de mésanges, de chardonnerets, de moineaux et même de perruches à collier... Le rouge-gorge, l’accenteur, les nombreux pinsons picorent sur la terrasse, les pies attendent dans le cerisier qu’un reste de boule de graisse tombe du distributeur pour s’en emparer. Il est rare que les activités des abeilles interfèrent avec le nourrissage des oiseaux puisque nous l’arrêtons quand les insectes abondent et que nos amis à plumes trouvent seuls tout ce dont ils ont besoin, mais la dernière sortie massive d’abeilles remonte au 30 décembre, où dès 9 heures et demie, la température clémente les a incitées à jaillir de la ruche et prendre l’air. C’était juste histoire de se dégourdir les ailes, il n’y avait pas de fleurs en vue. L’un des refuges favoris des oiseaux est un gros buisson de berbéris situé à droite de la ruche et toutes les mangeoires sont à gauche, c’était magnifique de voir les mésanges zigzaguer pour éviter les collisions avec les abeilles, l’effervescence était à son comble. Quel spectacle ! Peut-être allons-nous cette année nourrir les oiseaux un peu plus longtemps que d’habitude pour voir si cela se reproduit... Vivement le printemps !





Installer une ruche au sein de votre entreprise vous semble une bonne idée ?






vendredi, 05 janvier 2018 17:07

Qui est l’abeille à miel ?

Commençons par classifier l'abeille à miel

Les abeilles appartiennent à l’espèce Apis mellifera.

Ce sont des insectes comme les papillons, les scarabées, les mouches, … appartenant à l’ordre des Hyménoptères, ce qui veut dire « aile membraneuse » en grec. Parmi les Hyménoptères les plus connus on trouve les fourmis, les guêpes, les frelons, les bourdons... mais il existe de nombreuses espèces d’abeilles dites solitaires comme les collètes, les osmies, les mégachiles, …

 

Origine de l'abeille à miel et structuration naturelle

L’aire de répartition naturelle de notre abeille à miel se cantonne à l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Par exemple, la structuration européenne des populations d’abeilles que nous observons est une conséquence directe des glaciations du Pléistocène. En effet, il y a encore dix mille ans, la calotte glaciaire recouvrait la majeure partie de l’Europe. Il ne restait pour la faune et la flore que les refuges glaciaires que sont les péninsules ibérique, italienne, grecque et turque. Ces zones refuges sont isolées les unes des autres par de vastes étendues recouvertes de glace, hostiles aux plantes à fleurs et à leurs pollinisateurs. Un peu comme des îles séparées par des océans de glace.

Chaque population animale ou végétale, isolée dans une région, a évolué séparément des autres populations de la même espèce. Des mutations se sont accumulées et nous arrivons à les différencier par l’observation. Par exemple, les abeilles de l’ouest sont plus résistantes au vent grâce à la forme de leurs ailes qui est un peu différente, les abeilles du Caucase ont la langue plus longue, …

Par contre, lorsque le climat global s’est réchauffé, les plantes et les animaux sont remontés vers le nord et ont réinvesti les territoires septentrionaux devenus réutilisables.

Or sur une surface à réinvestir aussi vaste, les populations d’abeilles à miel sont structurées, c’est à dire qu’elles sont séparées par des barrières plus ou moins infranchissables :

  • Ce peut être tout simplement la distance :
    Une reine vierge émergeant d’une colonie nichée dans tronc d’arbre en Grèce a très peu de chance de se faire féconder dans une congrégation contenant des mâles issus de la France ou de la Lettonie.
  • Ce peut être une barrière physique:
    La mer Méditerranée, la Manche, mais aussi des montagnes comme les Alpes, les Carpates, les Pyrénées. Une population de plusieurs colonies sur une ile sera isolée .

on pourra donc contrôler les fécondations entre reines vierges et mâles présents. C’est le cas du conservatoire de l’abeille noire de l’ile d’Ouessant.

Le refuge d’où est issue une population et les barrières auxquelles elle s’est heurtée définissent les aires de répartitions des sous-espèces d’abeille à miel Apis mellifera que nous connaissons. Par exemple, la sous-espèce issue du refuge glaciaire italien et qui n’en est pas sortie car coincée par la barrière alpine, s’appelle Apis mellifera ligustica. La sous-espèce du refuge ibérique qui est remontée et a réinvesti l’Europe de l’Ouest est l’abeille noire ou Apis mellifera mellifera. Elle a évolué au nord des Pyrénées de façon différente de la sous-espèce du sud des Pyrénées (Apis mellifera iberiensis) qui a reçu des apports d’abeilles d’Afrique du Nord, de manière naturelle ou dû à l’homme.

 

Qu’en est-il aujourd’hui  de cette abeille à miel?

On trouve nos abeilles Apis mellifera partout sur la planète car elles ont été transportées par l’homme : les colons européens les ont amenées avec eux quand ils sont allés en Amérique ou en Australie, par exemple. Sur place, il existait déjà des pollinisateurs, souvent des abeilles coloniales ou solitaires, qui ont dû s’adapter à ces nouvelles locataires. Les êtres humains ont aussi amené des espèces végétales d’autres continents à polliniser.

En ce qui concerne l’Europe, et la France en particulier, nous avons de l’abeille noire (Apis mellifera mellifera) provenant de l’histoire évolutive de notre continent à travers les âges. Les apiculteurs travaillaient presqu’essentiellement et faisaient du miel avec ces abeilles jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale environ. Nous avons aussi un cocktail d’abeilles importées, plus facile à travailler pour l’apiculture professionnelle. Ces abeilles ont été sélectionnées depuis le début du XXème siècle par des sélectionneurs comme le frère Adam de l’abbaye de Buckfast (Angleterre). Elles sont dites « Buckfast », sont plus résistantes aux maladies, plus douces et plus faciles à gérer d’un point de vue apicole. Les hommes leur ont fait suivre les mêmes processus de domestication que bien d’autres animaux (sanglier/cochon ; loup/chien ; auroch/vache à lait ou à viande, …). Pour créer ces races domestiques, le frère Adam et les sélectionneurs suivants sont allés chercher des abeilles dans différentes aires de répartition. Par exemple, en sélectionnant des italiennes (Apis mellifera ligustica), des grecques (Apis mellifera cecropia) et des abeilles locales (Apis mellifera mellifera), ils ont créé des triples hybrides.

 

Quelle conclusion concernant l'abeille à miel ?

Nous avons autour de nous des abeilles sauvages avec un patrimoine génétique historique et naturel, et des abeilles sélectionnées par l’action de l’homme. Ces différentes sous-espèces et races sont interfécondes. Il est donc important pour nous de travailler avec des abeilles adaptées à l’apiculture dans les ruches sur les toits, mais aussi de conserver les sous-espèces naturelles d’abeilles et d’élever des reines noires Apis mellifera mellifera pour contribuer à préserver l’espèce.





Vous souhaitez développer l'abeille urbaine dans votre entreprise ?






Dans les ruches, il n’y a qu’une seule espèce : les abeilles !

En effet, les abeilles appartiennent à l’espèce Apis mellifera.

L’abeille et les insectes pollinisateurs jouent un rôle extrêmement important : ce sont eux qui pollinisent les plantes. Si nous pouvons manger des fruits et des légumes, c’est grâce à eux !

 

Nos fruits et légumes par les abeilles

L’abeille est utilisée bien sûr pour les grandes cultures fruitières peu nombreuses en ville comme celles d’amandiers, de kiwi, mais aussi pour les grandes cultures d’oléagineuses comme le tournesol et le colza. Mais en ville, le cerisier de votre jardin sera plus fourni en fruits et dans votre jardinière de fraisiers, sur le balcon, les fruits seront aussi plus nombreux, plus réguliers et plus gros. De même, les jolies fleurs violettes de votre ciboulette seront pollinisées par les abeilles et les graines tomberont dans la terre pour que votre ciboulette soit ressemée : l’année prochaine, il faudra envisager plus de plats et plus de recettes… A vos fourchettes !

Les fruits, feuilles, racines qui arrivent dans nos assiettes nous concernent de près et sans les abeilles pas de reproduction de ces espèces.

 

Des villes fleuries pour nos abeilles

Mais les abeilles sont utiles aussi pour féconder les plantes que nous ne mangeons pas et qui embellissent discrètement notre quotidien de citadin, comme les troènes autour des squares, les robiniers faux-acacias qui bordent les lignes de chemin de fer, les lierres qui occupent tous nos coins d’ombre, les vignes vierges, les sophoras et marronniers qui bordent les grandes avenues, sans parler des tilleuls qui ombrent les cours d’école. La moindre friche est couverte de ronces, de clématites et de roquettes sauvages. La lavande de votre balcon sent si bon les soirs d’été... Toute cette végétation qui nous entoure et à laquelle on ne fait pas attention nourrit nos abeilles. N’oublions pas les invasives, comme la renouée du japon, l’ailante et l’arbre aux papillons et les nombreuses plantes d’ornement qui constituent le vivier des villes fleuries.

Les politiques "zéro pesticide" en milieu urbain participent à la protection directe des populations d’insectes pollinisateurs et indirectement à toute la cascade de végétaux et animaux qui interagissent avec.

 

Les différents pollinisateurs

L’abeille est généraliste c’est-à-dire qu’elle pollinise plusieurs espèces de plantes, alors que d’autres espèces d’insectes sont inféodées chacune à une espèce de fleur ou une famille de fleurs. Il existe de nombreuses espèces d’abeilles solitaires, vous connaissez certainement les bourdons, les xylocopes… mais aussi des insectes d’autres groupes comme certains coléoptères ou des lépidoptères qui participent à la pollinisation.

Vous pouvez agrémenter vos espaces ouverts, d’un hôtel à insectes mais n’oubliez pas que pour qu’il soit peuplé, il faut aussi les plantes hôtes, sur lesquelles se nourrissent les insectes qui vont l'habiter. Sans ces plantes hôtes à proximité, il sera difficile à peupler.

Se soucier du bien-être des abeilles mellifères permet de prendre conscience de la biodiversité et de protéger et mieux comprendre les pollinisateurs et leurs interactions avec les plantes hôtes.

Dans d’autres pays (souvent tropicaux), d’autres animaux participent à la pollinisation comme des mammifères : les chauves–souris par exemple, mais aussi certains oiseaux comme les colibris et les souimangas.





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